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descriptionDe la sagesse et des fables

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Je suis émerveillée par la connaissance humaine qu'ont les fabulistes, cela est transmis de génération en génération, ils existent des fabulistes dans toutes les sociétés sauf la notre.

Leur morale passe en tous temps et tous lieux. Voici quelques fables d'une grande sagesse.

La fenêtre aveugle


Il était une fois un jeune prince qui vivait avec insouciance dans le palais de son père. Un jour, il demanda au vieux sage chargé de son éducation :
- Parle-moi de l’argent. Je vois en quoi il est utile. Mais est-il parfois néfaste ?

Le vieil homme emmena le prince dans le grand salon du palais et le fit asseoir face à la vaste baie vitrée donnant sur la grand-place.
- Que vois-tu, demanda l’ancien ?
- Je vois les enfants qui jouent sur la place, les jeunes filles qui dansent près du lavoir, le forgeron qui martèle son fer.

Le sage disparut un instant et revint avec un seau et un pinceau.
- Qu’est-ce ? dit le prince.
- Un vernis à base d’argent.

Le vieil homme sortit du palais et recouvrit toute la baie vitrée d’une couche de vernis argenté. Lorsqu’il rentra, le prince s’exclama :
- Mais il fait sombre, je ne vois plus rien.

Le sage alluma une lampe et demanda :
- À présent, que vois-tu ?
- Je ne vois plus que moi, comme dans un miroir, répondit le prince, je n’arrive plus à voir les autres.
- Tu as la réponse à ta question, dit le vieux sage.

Le prince ordonna à ses serviteurs de nettoyer la baie vitrée. Mais le vernis résistait. À force de frotter, le verre réapparut, mais entièrement dépoli. Irrité de ne pouvoir retrouver une vision claire, le jeune prince, dans un accès de colère, lança la lourde coupe d’argent qu’il tenait à la main contre la vitre qui vola en éclats.

Le prince revit alors avec clarté, limpidité le monde extérieur et les gens sur la place. Il pouvait aussi entendre les cris des enfants, le chant des jeunes filles et le martèlement du forgeron. Il pouvait sentir le parfum des épices et la caresse du vent sur son visage. Il enjamba le cadre vide de la baie vitrée et se fondit dans le mouvement animé de la grande place.





Charles Brulhart -inspiré d’un proverbe yiddish

descriptionRe: De la sagesse et des fables

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Mère Écrevisse un jour à sa Fille disait :
Comme tu vas, bon Dieu ! ne peux-tu marcher droit ?
Et comme vous allez vous-même ! dit la Fille.
Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille ?
Veut-on que j'aille droit quand on y va tortu (5) ?
               Elle avait raison ; la vertu
               De tout exemple domestique
               Est universelle, et s'applique
En bien, en mal, en tout ; fait des sages, des sots :
Beaucoup plus de ceux-ci. Quant à tourner le dos
A son but, j'y reviens ; la méthode en est bonne,
               Surtout au métier de Bellone (6) ;
Mais il faut le faire à propos.
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